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Si la tendance se maintient…

Le marché du travail s’améliore au Québec,
mais est-ce suffisant pour rattraper l’Ontario ?

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L’économie québécoise performe exceptionnellement bien depuis trois ans. Plusieurs indicateurs en témoignent : croissance annuelle supérieure à 2 %, taux de chômage autour de 6 %, surplus budgétaires importants. Par rapport aux 20 dernières années, le Québec s’améliore indéniablement.

Mais ces progrès permettent-ils au Québec de combler le retard historique de son marché du travail par rapport à l’Ontario ? Autrement dit, la performance récente du Québec lui permet-il d’espérer égaler ou dépasser un jour la province voisine, ou l’Ontario continue-t-il de progresser plus rapidement ?

Cette comparaison est importante dans la mesure où l’économie québécoise ne fonctionne pas en vase clos. L’évaluation de la performance du marché du travail québécois relativement à l’Ontario permet en effet de mesurer le momentum du Québec par rapport à une juridiction nord-américaine similaire.

À plusieurs égards, le Québec a effectué au cours des trois dernières années un virage plus marqué que l’Ontario par rapport à sa tendance historique. La performance récente du Québec marque donc une évolution réelle par rapport à son passé. Quand on compare la tendance des trois dernières années entre les deux provinces, on constate toutefois que l’Ontario performe mieux que le Québec pour une faible majorité d’indicateurs. Autrement dit, le Québec s’est davantage amélioré par rapport à sa performance passée, mais l’Ontario continue de mieux performer dans l’absolu.

Le portrait résultant permet d’identifier deux grandes tendances, une positive et l’autre négative.

D’abord, le Québec s’est considérablement amélioré du côté de la participation de certains groupes au marché du travail, en particulier les jeunes et les femmes, si bien que le Québec surpasse maintenant l’Ontario pour ces indicateurs. Au cours des trois dernières années, le Québec a également accompli des progrès remarquables dans l’intégration des immigrants au marché du travail – l’écart de taux de chômage entre les immigrants et les natifs a touché un plancher au Québec en 2018 – même si l’Ontario continue de mieux performer à ce chapitre. Ces progrès expliquent entre autres le rattrapage important du Québec par rapport à l’Ontario en termes de taux d’emploi et de taux d’activité.

À l’inverse, deux tendances actuelles – la plus faible productivité du travail et la décroissance de son bassin de travailleurs potentiels – se conjuguent de manière inquiétante au Québec. La population dans la force de l’âge croît de façon beaucoup moins marquée au Québec qu’en Ontario, et la population plus jeune est plus répartie géographiquement en Ontario qu’au Québec. L’Ontario accueille également plus d’immigrants – toute proportion gardée – que le Québec et les intègre mieux sur le marché du travail. L’Ontario possède donc un triple avantage : une plus forte croissance de la productivité, un bassin de travailleurs potentiels en croissance et une meilleure répartition géographique de ceux-ci. Le Québec doit trouver des solutions à ces enjeux importants.

Plusieurs secteurs d’activité peinent déjà à recruter des travailleurs. Au deuxième trimestre de 2019, le Québec comptait 140 000 postes vacants, soit le double d’il y a quatre ans. Le vieillissement de sa population exercera également une pression supplémentaire sur les finances publiques, notamment en santé. Le facteur démographique – incluant le vieillissement et une immigration insuffisante pour renouveler le bassin de travailleurs – apparaît ainsi comme une limite importante pour la prospérité du Québec. À défaut d’inverser cette tendance, la croissance économique et la hausse du niveau de vie au Québec devront donc principalement reposer sur sa capacité à réaliser des gains importants de productivité.

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